1/5- Demander de l'aide : balisons le terrain de notre enquête.
- Lucie Richard

- il y a 2 jours
- 3 min de lecture
Pourquoi est-il si difficile de demander ou recevoir de l'aide ?
Nous avons toutes et tous déjà traversé des périodes difficiles, eu besoin d'être soutenu·es… et parfois eu l'impression que personne n'était vraiment là.
Dans ces moments-là, notre regard se tourne spontanément vers l'extérieur. Pourquoi les autres ne voient-ils pas que j'ai besoin d'aide ? Pourquoi est-ce si difficile de trouver la bonne personne ? Pourquoi ai-je l'impression de devoir tout porter seul ?
Mais il existe une autre question que l'on se pose beaucoup plus rarement.
Quel est, au fond, mon rapport à l'aide ?
Est-ce que je sais demander du soutien lorsque j'en ai besoin ? Et est-ce que je peux l'accueillir lorsqu'il se présente à moi ?
Et je ne parle pas uniquement d'un·e thérapeute, d'un·e coach ou d'un·e accompagnant·e. Je pense aussi à un·e ami·e qui tend une oreille attentive, à un proche qui propose son aide, à un·e collègue qui offre de prendre le relais… À toutes ces formes de soutien qui jalonnent notre quotidien.
Derrière ce qui pourrait sembler relativement simple se cache pourtant une question bien plus profonde. À quelles conditions puis-je demander de l'aide sans me sentir en danger ? Sans perdre ma liberté de penser, de ressentir ou de choisir ? Sans abandonner une part de moi-même ?
Et d'ailleurs, la difficulté à recevoir du soutien peut se poser à différentes étapes du processus.
Lorsque tu traverses une difficulté, où est-ce que ça coince le plus souvent ? Est-ce que tu as du mal à reconnaître que quelque chose ne va pas ? À admettre que tu ne pourras peut-être pas t'en sortir seul ? À demander de l'aide ? À choisir la bonne personne ? À accueillir ce qui t'est proposé ?
Garde ces questions en tête au fil de la lecture. Tu verras peut-être que les réponses ne sont pas toujours là où tu les attends.
Ce que je vais laisser volontairement de côté
Cette série ne prétend pas explorer toutes les dimensions de notre rapport à l'aide. Les normes éducatives, sociales ou culturelles y jouent évidemment un rôle très important. Dans ce contexte, avoir besoin d'aide — et plus encore oser en demander — peut être vécu comme l'aveu d'un échec, bien avant d'être perçu comme une ressource.
Il existe également une autre situation, tout aussi importante, que je laisserai volontairement de côté dans cette série : celle des personnes qui ne savent pas encore qu'elles ont été blessées. Parce que les événements sont survenus trop tôt pour pouvoir être mis en mots. Parce que certains traumatismes ne sont pas accessibles à la mémoire consciente. Parce que le déni fait partie de nos systèmes de défense. Ou tout simplement parce qu'elles ont grandi dans un environnement où ce qu'elles vivaient leur semblait parfaitement normal.
Je vais ici m'intéresser aux situations où la difficulté est déjà identifiée ou ressentie et où, malgré cela, demander ou recevoir de l'aide reste compliqué, voire impossible.
Dans les prochains articles
Nous irons explorer quelques-uns des mécanismes qui peuvent rendre cette démarche si difficile :
Pourquoi se faire aider peut sembler si dangereux ?
Comment avons-nous appris à nous protéger ?
Faut-il comprendre son passé pour guérir ?
Chacun de ces articles éclaire une facette particulière de notre rapport à l'aide. Ensemble, ils racontent une même histoire : celle des stratégies que nous avons développées pour nous protéger et qui, parfois, finissent aussi par nous empêcher de recevoir le soutien dont nous aurions besoin.
La série se terminera par un article plus pratique :
Comment choisir un accompagnement qui vous convient ?
Car on ne demande pas de l'aide pour quelque chose que l'on ne perçoit pas encore comme un problème.





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