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5/5 - Comment choisir un accompagnement qui nous convient ?

Pourquoi est-il parfois si difficile de demander ou recevoir de l'aide ?



Depuis le début de cette série, nous avons cherché à comprendre pourquoi demander de l'aide peut parfois être si difficile. Peut-être avez-vous commencé à comprendre à la lecture des articles précédents pourquoi faire confiance n'est pas toujours évident pour vous, ou pourquoi certaines stratégies qui vous ont longtemps protégé continuent aujourd'hui à vous freiner.


Mais lorsqu’on se sent enfin prêt à passer à l’action, comment choisir un accompagnement qui nous convient ? Comment savoir ce qui est juste pour soi ? Nous allons y investir du temps, de l'énergie, de l'argent. Mais surtout, nous allons peu à peu remettre entre les mains d'une autre personne une part de notre histoire, de notre vulnérabilité et de notre intimité.


Aujourd'hui, les possibilités d'accompagnement n'ont jamais été aussi nombreuses. Cette diversité est une richesse. Mais lorsqu'on décide enfin de demander de l'aide, elle peut aussi devenir déroutante. Entre les différentes approches, les multiples professionnels et les formats proposés, il est parfois difficile de savoir par où commencer.


Voyons comment nous pouvons poser quelques repères pour avancer pas à pas dans votre décision.



1 - Commencer par revenir à soi


Avant de s’intéresser aux solutions qui peuvent nous être proposées, il peut être utile de revenir un instant à soi. Pour commencer à vous orienter, vous pouvez simplement vous poser ces questions :

  • Si rien ne change, comment est-ce que j'imagine ma vie dans un an, cinq ans ou dix ans ?

  • Et si les choses évoluaient vraiment, à quoi pourrait ressembler ma vie dans un an, cinq ans ou dix ans ?

  • Qu’est-ce qui m’empêche d’évoluer ?

  • De quoi ai-je besoin aujourd’hui concrètement pour parvenir à ce futur désirable ?


Si la réponse aux 2 dernières questions est : « Je n'en sais rien. Je suis complètement perdu. », c'est OK aussi. Et ce n'est peut-être pas un hasard.



2 - Reconnaître nos fragilités et sortir de la culpabilité


Dans le deuxième article de cette série, nous avons vu combien il est difficile, une fois adulte, de se fier à soi lorsque, enfant, nos émotions, nos ressentis ou nos besoins n'ont pas été accueillis. Parfois, nous avons appris à ne plus parler parce que cela remettait en cause trop de choses autour de nous. Parfois, nous avons parlé... et l’adulte a répondu :


« Tu inventes. »

« Tu mens. »

« Ça ne s'est jamais passé. »


Comment, une fois adulte, pouvoir se fier à sa propre manière de sentir, de percevoir, d'interpréter et de décider quand cette confiance n'a jamais vraiment eu la possibilité de se construire ?


C'est un peu comme avancer par moments dans le brouillard. On sent des élans... mais le doute peut nous couper les jambes.

Dans cet état de confusion, le mental prend beaucoup de place. Nous analysons, comparons, cherchons des avis, des explications, des garanties, pour être sûr… Ce n’est pas un défaut mais une compensation que nous avons mise en place pour trouver de la sécurité.

Et, plus nous avons peur de nous tromper, plus nous cherchons une certitude... et plus la décision devient difficile.

Or, malgré toutes nos stratégies pour trouver la bonne méthode, le bon professionnel, nous n’aurons jamais une garantie absolue de faire le bon choix.


Alors, comment procéder quand notre capacité à sentir, à percevoir et à choisir a été mise à mal ? Quand il faut à la fois se faire confiance mais aussi accorder sa confiance à l’autre ?


Toute relation se construit à partir de deux mouvements. J'accepte de laisser l'autre entrer progressivement dans mon espace, et je choisis aussi de faire quelques pas pour entrer dans le sien. C'est là que peut commencer à se construire une véritable relation d’aide.



3 - Réduire les enjeux en fractionnant les décisions


Et si choisir ne consistait pas uniquement à alterner entre deux positions : dire oui ou dire non ? Comme s’il s’agissait d’une posture existentielle : j’ai confiance ou pas en l’humanité…

Parfois, il arrive que notre confiance ait été trahie, parce que nous l’avons accordée trop vite, trop tôt, avant même que la relation ait eu le temps de se construire.


Raisonnablement, nous n’invitons pas une personne totalement inconnue chez nous. Nous apprenons d'abord à nous connaître. Nous échangeons. Nous observons si nous nous sentons en sécurité. Puis, progressivement, nous lui ouvrons davantage notre porte. Et, si nous décidons d’ouvrir notre porte, nous ne lui ouvrons peut-être pas immédiatement toutes les pièces de la maison, ni ne lui donnons le code du coffre-fort !


Choisir qui nous souhaitons solliciter pour demander de l’aide, du soutien peut procéder exactement de la même façon. Il ne s'agit donc pas d'avoir confiance à 100 % mais de sentir que ce choix est suffisamment bon. C'est ce que j'appelle le choix à 51 % !

Téléphoner au thérapeute, coach ou formateur pour poser quelques questions. Observer ce que nous ressentons. Dix minutes de conversation donnent déjà énormément d’informations.


Vous pouvez par exemple vous demander :

  • Est-ce que je me sens suffisamment en sécurité dans cet échange ?

  • Est-ce que je sens que je peux être moi-même dans cet espace ?

  • Est-ce que je me sens écouté, compris et respecté dans mon rythme ?

  • Est-ce que cette personne met des mots sur quelque chose que je n'arrivais pas à exprimer ?

  • Est-ce que ce qu'elle propose résonne suffisamment en moi ?

  • Est-ce que je me sens libre et sans pression d’engagement excessif ?

  • Est-ce que je sens que je peux dire non ?

  • Est-ce que je ressens un peu plus de curiosité que de méfiance ?

  • Est-ce que j'ai, aujourd'hui, 51 % de « oui » ?


Contacter une autre personne, comparer nos impressions, laisser passer un peu de temps. Prendre ensuite un premier rdv, puis décider d’un second, etc. Jusqu’à s’engager plus longuement si l’accompagnement ou la formation le demande.



4 - S'engager ne signifie pas renoncer à sa liberté.


Nous confondons parfois engagement et enfermement. Comme si dire « oui » aujourd'hui signifiait renoncer à toute possibilité de dire « non » demain.

Une relation, un accompagnement, peuvent évoluer, s’ajuster, être renégociée. Nous pouvons dire : « J'aimerais aller moins vite. » « J'aurais besoin que l'on fasse autrement. » « Cela ne me convient pas finalement. » « Je ne suis pas prêt pour cette étape. » « Je n’ai plus envie. » Sans avoir à nous sentir coupables de le faire.

Entre le « oui » et le « non », il existe encore un autre chemin : celui de l’ajustement. Il est toujours possible de renégocier la relation... ou d'y mettre fin.

Parfois, ce qui rend le désengagement difficile n'est pas seulement la relation elle-même, mais tout ce que nous y avons déjà investi : le temps, l'énergie, l'argent ou les émotions engagés nous donnent parfois l'impression qu'il serait "dommage" de s'arrêter.


Pourtant, se désengager est parfois la meilleure option. Cela ne signifie pas que nous nous sommes trompés. Cela signifie parfois que nous avions besoin de cette expérience pour mieux comprendre nos besoins, nos limites et nos désirs.


Je crois même qu'une relation suffisamment sécurisante est une relation dans laquelle cette possibilité existe. Une relation dans laquelle nous pouvons rester sans ressentir de pression. Une relation dans laquelle notre liberté n'est pas une menace pour le lien, mais une condition de sa qualité.



Oser les 51 %


Au fond, il ne s'agit peut-être pas de trouver immédiatement la meilleure réponse, mais d'apprendre à avancer sans attendre une certitude qui n'existera probablement jamais.


On ne découvre pas toujours ce qui est juste avant d'avancer. On le découvre aussi en avançant.

Chaque petit oui construit un plus grand oui qui nous permet d’avancer.

Chaque petit non nous permet de conserver nos ressources et de réajuster ce qui est juste pour nous.

Et 51 % de «oui» peuvent suffire à faire un premier pas !

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