Transe, Kundalini Activation, TCAI... Quelles différences ?
- Lucie Richard

- 16 mai
- 3 min de lecture
Depuis plusieurs décennies, notre société redécouvre et revisite les états de transe à travers de nouveaux cadres contemporains : Kundalini Activation, TCAI (transe cognitive auto-induite), respiration holotropique, breathwork, transe consciente, intuitive…
Ces états ne sont pourtant pas nouveaux. On les retrouve depuis des millénaires dans les traditions spirituelles, rituelles, thérapeutiques ou chamaniques du monde entier.
Et comme pour les différentes formes de yoga, cette diversité peut parfois sembler difficile à comprendre au premier abord. Pourtant, elle témoigne aussi d’une immense curiosité humaine pour explorer la conscience… et de l’incroyable richesse des approches qui nous sont proposées aujourd’hui.
Quels sont leurs points communs ?
Déjà, toutes ces approches appartiennent à la grande famille des états modifiés de conscience et des états de transe. Le mot “transe” ne désigne donc pas une seule pratique précise, mais un ensemble d’expériences dans lesquelles notre perception du corps, du temps, de nous-mêmes et du monde se modifie.
Nous traversons tous, chaque jour, une multitude d’états de conscience différents : être absorbé dans une activité, conduire “en pilote automatique”, perdre la notion du temps, rêver…La transe fait partie de cette grande famille des états modifiés de conscience, mais dans une forme plus marquée et plus profonde.
Être en état de transe, c’est vivre différemment son rapport au corps… et plus largement sa perception de soi-même.
Parfois, le corps devient extrêmement présent : les sensations s’intensifient, des mouvements spontanés apparaissent, des émotions s’expriment… comme si quelque chose agissait à travers nous, au-delà du contrôle habituel.
Parfois, au contraire, le corps semble s’effacer. L’expérience devient plus intérieure, avec une sensation de détachement de l’ego, l’émergence d’images, de ressentis inhabituels ou de compréhensions nouvelles.
Et même si cela peut sembler contradictoire, ces deux expériences — présence intense du corps ou effacement — peuvent parfois se rejoindre.
Malgré leurs différences, les expériences vécues peuvent parfois être très proches d’une pratique à l’autre : mouvements spontanés, émotions, sensations énergétiques, états de conscience élargis, visions, impressions de relâchement profond ou de transformation intérieure…
Quelles sont leurs différences ?
Ce qui change dans l'ensemble de ces approches, ce sont surtout :
les méthodes d’induction : respiration, rythme, mouvement, musique, instruments, voix, résonance vibratoire, attention…
La durée et le cadre donné à l’expérience,
et les différentes façons de comprendre et d’interpréter ce qui est vécu, liées à des héritages culturels, spirituels ou thérapeutiques.
Dans ma pratique
J’utilise principalement trois propositions autour des états de transe : la transe consciente, la transe auto-induite et la Kundalini Activation.
La transe consciente est le terme que j’utilise pour désigner un travail d’exploration volontaire de ces états, dans un cadre sécurisant et intégré au corps.L’induction peut passer par différentes portes d’entrée naturelles : respiration, musique, mouvement libre, voix, proto-langage, résonance vibratoire, attention corporelle…
La grille de lecture que je propose croise plusieurs approches :
les neurosciences et le fonctionnement du système nerveux,
la psychologie et les mécanismes de régulation,
différentes traditions anciennes autour de la transe,
et l’expérience directe du corps et de la conscience.
La transe auto-induite désigne plus spécifiquement la capacité à entrer soi-même dans un état de transe, sans intervention extérieure directe. C’est une compétence qui peut se développer progressivement, notamment à travers certaines pratiques de respiration, de rythme, d’attention ou de mouvement.
Je travaille avec les mêmes outils d’induction et la même grille de lecture, mais dans une démarche plus approfondie tournée vers l’autonomie.
La Kundalini Activation, quant à elle, est une approche plus spécifique et structurée, élaborée en Indonésie il y a une quinzaine d’années et héritière des pratiques de type Shaktipat.
L’induction repose principalement sur la résonance entre le facilitateur et le participant, soutenue par une playlist musicale construite d’une manière précise.
J’aime parfois la décrire avec humour comme une « transe pour les fainéants » : non pas parce que l’expérience est passive ou moins profonde, mais parce qu’elle repose sur une posture d’ouverture et de réceptivité plutôt que sur une action volontaire.
Les manifestations vécues sont généralement interprétées à partir d’une grille de lecture inspirée des traditions orientales, notamment autour du système énergétique.
Le choix et l’intention
Au fond, ce qui oriente souvent le choix d’une pratique plutôt qu’une autre, ce sont surtout les intentions et les besoins de chacun.
Certaines personnes souhaitent simplement découvrir ce qu’est un état de transe dans un format ponctuel et accessible.D’autres ont envie d’explorer différentes façons d’entrer dans ces états, de mieux comprendre leur fonctionnement, ou d’expérimenter une variété d’outils et de situations.
D’autres encore cherchent à développer progressivement leur autonomie, afin d’intégrer ces états dans leur quotidien comme une véritable pratique personnelle, au même titre que la méditation, le yoga ou certaines pratiques corporelles.
Finalement, ces différentes pratiques ne s’opposent pas mais se croisent et se complètent. Elles proposent simplement différentes portes d’entrée vers une même famille d’expériences.
Et la curiosité seule reste une très belle porte d’entrée !





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