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CE QUE LA NUIT GARDE EN MÉMOIRE

Exemple fictif de séance autour d’une insomnie récurrente


En état de conscience élargie, les informations ne passent pas d’abord par les mots.

Elles apparaissent sous forme d’images, de sensations ou d’émotions.Ce langage symbolique peut sembler étrange, mais il suit sa propre logique et obéit à une cohérence affective profonde qui, peu à peu, fait sens aussi pour le mental.


La personne consulte pour des insomnies installées depuis plusieurs années.

L’objectif de la séance est de comprendre ce qui déclenche ces réveils nocturnes et comment apaiser l’état de vigilance qui s’active la nuit.

Nous ne cherchons pas une cause intellectuelle.Nous cherchons la trace implicite que le système nerveux a enregistrée.


J’énonce à voix haute, au fur et à mesure, les images, sensations et perceptions qui émergent.Je questionne la personne, je vérifie ce qui résonne en elle, et nous ajustons ensemble, dans un dialogue sensible où chaque image est mise en relation avec son vécu.



CHERCHER CE QUI DÉCLENCHE L'INSOMNIE


Une première image apparaît : un atelier, des outils, une porte qui s’ouvre et se referme.

Je décris l’image et je demande : « Est-ce que cela te fait penser à quelque chose ? »

La patiente répond : « Mon père. Il bricolait beaucoup. »


Puis vient l’image de la lune. Je sens qu’elle vient nous parler de la nuit. La personne se souvient alors que son père travaillait en horaire décalé lorsqu’elle avait deux ou trois ans et pouvait rentrer au milieu de la nuit. Puis une nouvelle image surgit : une petite fille cachée dans un placard, immobile, attentive. Elle ne veut pas sortir. Je peux ressentir sa peur. En explorant doucement, la personne reconnaît que son père pouvait être sévère. Aimant, mais impressionnant.


Son système nerveux a enregistré quelque chose de simple :

  • Nuit = attente.

  • Nuit = imprévisibilité et possibilité d’être grondée.

  • Nuit = vigilance.



CHERCHER CE QUI A MANQUÉ


Nous explorons maintenant ce dont l’enfant aurait eu besoin à ce moment de sa vie et qu’il n’a pas reçu.Nous ne cherchons pas une réponse mentale, mais une ressource interne.

Une nouvelle image se présente : quelqu’un lui brosse les cheveux, puis l’aide à s’habiller.

La scène zoome sur le contact du vêtement avec la peau.Je perçois une attention délicate, tranquille.


L’image parle de contact, de contenance, de limites corporelles sécurisantes.

La petite fille n'a pas manqué d’amour mais d’un contact régulier et apaisant.

De percevoir les limites de son corps comme un contenant sécurisant.



RÉPARER


Je propose alors à la personne de s’allonger.

En état de transe, nous cherchons à ré-inscrire cette sécurité dans le système nerveux. La personne va vivre son propre process pendant que je poursuis le travail en état élargi de conscience (sans parler. Je prends des notes).


Une nouvelle scène se présente à moi : le corps de la petite fille est massé lentement, de la tête aux pieds. Puis elle apparaît allongée au milieu d’un bois baigné de soleil et de la mousse vient envelopper son corps, comme une protection douce. Le corps grandit ensuite progressivement. Je la vois adulte, entourée de sa famille dans une scène de repas dominical. C’est simple, tranquille et joyeux. Elle reçoit alors en cadeau une petite amulette en bois.


En fin de séance, nous mettons en commun ce qui a émergé pour elle et pour moi. Si elle le souhaite, elle pourra visualiser cette amulette au moment du coucher, le temps que l’intégration se stabilise.



LES STRATÉGIES DE PROTECTION


L'inconscient et le système nerveux autonome fonctionne selon leur propre logiques. Lorsqu’une association s’est inscrite : nuit = vigilance par exemple, elle peut continuer de s’activer même lorsque le danger n’existe plus.


L’insomnie devient alors la trace d’une protection ancienne.


Derrière ce qui nous dérange aujourd’hui se cache souvent une stratégie qui, à un moment de notre histoire, a été nécessaire pour nous protéger — ou pour préserver le lien d’attachement.


Au fond, tout travail thérapeutique vise à permettre au passé de ne plus dicter le présent.



Dans la réalité, une séance comme celle-ci est beaucoup plus riche et longue.

C’est ce type d’exploration que je propose dans l’accompagnement INSULAE.

 
 
 

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